L’Alphafly, c’est notamment cette silhouette qu’Eliud Kipchoge avait aux pieds, sous forme de prototype, lorsqu’il est devenu en 2019 le premier homme à courir la distance du marathon en moins de deux heures.
Et sept ans plus tard, Nike dévoile sa quatrième génération avec une Alphafly 4 qui change énormément de choses.
On retrouve toujours l’ADN du modèle avec la plaque carbone Flyplate et les unités Air Zoom à l’avant, mais Nike introduit surtout une nouvelle mousse ZoomX LT, plus légère et plus souple, revoit pour la première fois les unités Air Zoom de l’Alphafly et élargit sa plaque carbone. L’empeigne AtomKnit évolue également avec davantage de maintien au niveau du médio-pied.
Voir cette publication sur Instagram
Sur la fiche technique, on est sur 188 grammes en taille 42, 39 mm de stack au talon, 31 mm à l’avant, soit 8 mm de drop, et surtout un prix qui baisse : 279,99 € contre environ 310 € pour l’Alphafly 3.
Mais est-ce que toutes ces modifications changent réellement la chaussure une fois aux pieds ? Je l’ai testée sur différentes allures et différents terrains, et voici mon avis sur cinq critères.
Confort
Note :
(9/10)
Pour le confort, je mets 9/10.
L’AtomKnit, franchement, ça fonctionne toujours aussi bien. Le mesh vient vraiment englober le pied et donne presque cette sensation d’enfiler une chaussette.

Le pied est bien maintenu, notamment autour du talon que j’ai trouvé vraiment accueillant. Je n’ai eu aucun problème d’échauffement ni de frottement pendant mes sorties.
Le seul point qui m’a un petit peu moins convaincu, c’est la languette. Elle est très fine et directement intégrée à cette construction type chaussette. Donc il faut quand même faire attention à ne pas trop serrer les lacets, parce qu’on peut rapidement sentir une petite gêne sur le dessus du pied.
Dynamisme
Note :
(9/10)
Sur le dynamisme, c’est probablement là où j’ai été le plus surpris.
L’Alphafly 3, pour moi, c’était avant tout une chaussure de semi et de marathon. Elle était évidemment dynamique, mais ce n’était pas forcément celle que j’aurais choisie pour aller chercher des allures vraiment rapides sur des distances plus courtes.
Avec l’Alphafly 4, ça change.
Entre la nouvelle mousse ZoomX LT, la plaque carbone et les unités Air Zoom retravaillées à l’avant, la chaussure est beaucoup plus réactive. J’ai pu descendre autour de 2’50/km avec et je me sentais vraiment bien, sans avoir cette impression de devoir forcer pour emmener la chaussure.

Et il y a un exemple qui illustre parfaitement ça : Jakob Ingebrigtsen a terminé vice-champion du monde du 5 km route en septembre à Copenhague en 12’59 avec l’Alphafly 4 aux pieds.
Ça montre bien à quel point cette Alphafly devient plus polyvalente. Elle reste pensée pour aller très vite sur semi et marathon, mais pour les coureurs les plus rapides, elle devient aussi totalement crédible sur 5 ou 10 km.
Amorti
Note :
(10/10)
Pour l’amorti, je mets également 9/10.
Et clairement, la nouvelle mousse ZoomX LT change énormément la sensation de cette Alphafly.
Nike l’associe au ZoomX classique : la ZoomX LT est placée au-dessus de la plaque et le ZoomX en dessous. Selon Nike, cette nouvelle mousse est jusqu’à 17 % plus légère que le ZoomX traditionnel tout en offrant 8 % de retour d’énergie supplémentaire.
Mais ce qu’on ressent surtout, c’est ce talon extrêmement moelleux.

Pour quelqu’un qui attaque davantage talon avant de venir dérouler son pied, je pense que ça va être particulièrement intéressant. Mais même avec une attaque médio-pied, on profite de cette sensation très douce et protectrice.
Et c’est aussi ce qui fait, à mon sens, toute la force de cette chaussure sur les longues distances. Elle arrive à être très dynamique tout en donnant cette impression de préserver les jambes.
Sur semi ou marathon, quand les kilomètres commencent à s’accumuler, c’est exactement ce qu’on recherche.
Stabilité / Maintien
Note :
(7/10)
C’est probablement le critère sur lequel je suis le moins convaincu : 7/10.
Ça reste une chaussure haute avec énormément de mousse sous le pied. Et comme cette mousse est particulièrement souple, dans certains virages pris rapidement, on peut sentir un petit manque de stabilité.
En ligne droite, évidemment, aucun problème. Même chose sur une route classique ou sur des chemins propres et secs : je n’ai rien constaté de particulier.

Et en termes de maintien, l’AtomKnit fait très bien son travail. L’empeigne reste proche du pied et les zones de maintien permettent de conserver un pied bien en place, même lorsqu’on augmente fortement l’intensité.
Nike a d’ailleurs élargi la Flyplate et retravaillé la plateforme pour gagner en stabilité par rapport aux générations précédentes.
Mais ça reste pour moi le petit point faible de la paire, notamment dans les changements de direction rapides.
Adhérence
Note :
(10/10)
Pour l’adhérence : 10/10.
Est-ce qu’on a vraiment déjà beaucoup douté du grip d’une Nike ces dernières années ? Personnellement, non.
Et cette Alphafly 4 ne fait pas exception.

Je l’ai utilisée sur route sèche, sur route humide et même sur quelques chemins propres : aucun problème de glissade ou de perte d’adhérence.
C’est simple : je n’ai rien à lui reprocher sur ce point.
Verdict
Au final, je trouve que cette Alphafly 4 change vraiment la donne par rapport à l’Alphafly 3.
Elle conserve ce qui faisait la force du modèle sur semi et marathon : énormément d’amorti, une vraie économie de course et une grosse sensation de propulsion.
Mais elle gagne surtout en dynamisme et en polyvalence. On peut maintenant beaucoup plus facilement imaginer certains coureurs l’utiliser sur 5 ou 10 km, là où les anciennes générations étaient vraiment associées aux longues distances.
Et il y a aussi le prix : on passe d’environ 310 € à 279,99 €, ce qui la replace davantage dans les standards actuels des super shoes haut de gamme.
Pour moi, si on met de côté cette stabilité qui pourrait être meilleure dans les virages, l’Alphafly 4 signe vraiment un quasi-sans-faute.
Confort : 9. Dynamisme : 9. Amorti : 9. Stabilité et maintien : 7. Adhérence : 10.
Et je pense qu’on va en voir énormément aux pieds des coureurs sur les lignes de départ en 2026 et surtout en 2027.
Aucun commentaire pour le moment