Depuis plusieurs semaines, le sujet fait doucement surface dans les coulisses du monde de la course à pied. Une directive commune des différentes instances qui font les règlements pourrait bien changer la donne pour des milliers de coureurs équipés de lunettes photochromiques. On fait le point.
Ce que prévoit la nouvelle directive
Depuis le début de l’année, instances internationales travaillent conjointement sur un cadre réglementaire autour des équipements optiques à adaptation dynamique en compétition. La directive WA-2026/14, dont runpack a pu consulter les grandes lignes, vise à encadrer, voire interdire, l’usage des verres photochromiques dans les courses homologuées d’ici le 1er septembre 2026.
La raison invoquée ? Un avantage compétitif difficile à quantifier, mais que les instances souhaitent désormais traiter au même titre que les super shoes ou les combinaisons de natation en leur temps.
Pourquoi les photochromiques posent problème aux instances
Tout part d’une étude menée en 2025 par le laboratoire de biomécanique de l’Université de Lausanne. Ses conclusions ont surpris plus d’un spécialiste. En résumé : les verres photochromiques ne se contentent pas de protéger les yeux. Ils optimisent en continu le contraste visuel et la lecture du terrain, ce qui aurait un effet direct et mesurable sur la réactivité neuromusculaire du coureur.
Concrètement, un athlète équipé de photochromiques dans des conditions de lumière variable bénéficierait d’un temps de réaction au sol réduit de 4 à 7 % par rapport à un coureur sans correction optique adaptative. Sur une course de 50 km avec 2 000 m de dénivelé, cela représente, selon les chercheurs lausannois, une économie de 3 à 5 minutes sur les parties techniques. Un chiffre qui a visiblement fait tiquer les instances.
Le précédent des semelles carbone
Ce n’est pas la première fois que World Athletics se retrouve à arbitrer une question d’équipement technologique. En 2019, l’affaire des super shoes avait déjà secoué le milieu du running. À l’époque, la règle avait finalement été encadrée notamment concernant l’épaisseur maximale mais sans interdiction totale. Pour les photochromiques, le scénario semble différent. L’argument avancé n’est pas celui de la protection articulaire ou de l’assistance mécanique, mais bien celui d’un avantage cognitif et perceptif. Et sur ce terrain-là, la réglementation sportive est encore en friche.
Quelles courses seraient concernées ?
Selon les informations disponibles, la directive WA-2026/14 ne viserait dans un premier temps que :
– Les courses sur route homologuées (marathon, semi-marathon) de niveau national et international
– Les trails homologués ETRA au-delà de 42 km
– Les épreuves qualificatives pour les championnats d’Europe et du Monde de trail
Bien sûr, les coureurs portant des verres correcteurs photochromiques sur ordonnance feraient l’objet d’une dérogation médicale, dont les modalités restent à préciser.
Ce que ça change pour toi
Si tu cours des épreuves homologuées, rien ne change pour l’instant. La directive n’est pas encore adoptée définitivement et plusieurs mois de consultations sont encore prévus. En revanche, si tu es en train d’investir dans une paire de lunettes running, la question mérite d’être posée : opter pour un verre photochromique ou jouer la sécurité avec un verre teinte fixe ? Pour les courses locales et les sorties training, les photochromiques restent une valeur sûre. Adaptation automatique, lecture de terrain optimale, confort sur la durée, les avantages sont réels et ne disparaissent pas avec un règlement.
On suivra ce dossier de près. La suite au prochain épisode.

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