Chaussures de running

Dina Asher-Smith, déjà tournée vers la saison estivale et les JO

Publié le 03/02/2020

Dina Asher-Smith, sprinteuse britannique et championne du monde en titre sur 200m, a vu sa vie changer quelque peu depuis son sacre à Doha. Mais elle ne succombe pas aux distractions et reste focalisée sur ses objectifs estivaux: être encore plus rapide que l'an passé et devenir championne olympique à Tokyo ! 

À l’occasion de la sortie de la Nike React Infinity, les équipes de Nike ont pu suivre Dina Asher-Smith sur son lieu d’entraînement. Elle s’est confiée à eux au sujet de son entraînement, de son rapport aux blessures et de sa façon d’aborder les compétitions.

Peux-tu nous en dire plus sur ta façon de t’entrainer et sur ton post Instagram « What’s done in the Winter will show up in the Summer” (comprenez “Ce qui est fait l’hiver, se verra l’été ») ?

Pour faire simple, mon coach John et moi-même croyons fermement au fait que le travail qui est fait l’hiver paie en été. Cela signifie simplement que quand personne ne te regarde, quand il pleut, quand il neige, quand il vente et que le temps est humide c’est à ce moment-là que tu dois faire le travail, car tout ce que tu fais durant les mois d’hiver, tout ce que tu fais durant les entraînements hivernaux et les périodes sans compétitions, tout cela impactera la façon dont tu courras durant l’été.


A quoi ressemble ton entrainement à cette période de l’année ?

Je m’entraîne 6 fois par semaine. Je ne suis pas sur la piste tous les jours, mais je mets tout en œuvre pour être plus rapide et en ce moment de l’année, on fait particulièrement beaucoup d’endurance rapide, beaucoup de runs avec une haute intensité, juste en me focalisant sur l’objectif d’être plus forte et plus rapide, et devenir la meilleure athlète que je puisse être.

Quels sont tes objectifs pour 2020 ?

Quand les gens me demandent quels sont mes objectifs de l’année, je commence toujours par leur répondre une phrase assez ennuyante et courte qui est « être en forme et rapide ». Mon but premier chaque année est de rester en pleine forme, sans blessure. À cette période de l’année, je pense toujours au travail que je dois faire pour me présenter sur la ligne de départ dans la meilleure forme possible. Pour cela, il faut être très régulière à l’entraînement. Je crois que l’idée reçue est que les athlètes sont toujours focalisés sur l’idée de gagner des courses, et finalement vraie. Nous voulons être les meilleurs du monde !

En quoi ta vie en 2020 est différente de celle de 2019 ?

C’est une très bonne question. D’une certaine façon, c’est manifestement différent, bien évidemment. Je suis Championne du Monde et j’ai beaucoup plus d’opportunités pour faire des choses mais après tout, ma vie de tous les jours est la même que l’an passé. L’entraînement est ma priorité parce que je veux être en forme cet été et être aussi rapide que possible !

Sens-tu plus de pression cette année, avant Tokyo ?

En fait que je ne pense pas. Parce que aussi fou que cela puisse paraître, en athlétisme, pour pouvoir être encore plus rapide, pour continuer à essayer d’atteindre des objectifs encore plus importants, tu dois laisser les choses comme elles sont. Donc même si j’ai fait une super saison l’année dernière, je dois toujours être là, m’entraîner 6 jours par semaine et repousser mes limites. Je dois continuer à travailler dur. Peu importe ce qui s’est passé l’an dernier, peu importe ce qui s’est passé l’année d’avant encore. Tu dois toujours redémarrer de zéro et continuer de travailler dur.

Bien sûr je suis heureuse d’être championne du Monde. Car c’est un rêve que j’ai toujours eu. Mais en même temps, parfois je l’oublie un peu car je suis simplement focalisée sur le fait de devenir encore meilleure que l’année dernière. Et je continue à aller de l’avant.

 

Tu t’entraînes toujours avec les jeunes de ton club, Bromley Harriers. Es-tu consciente de l’influence que tu as sur eux en tant qu’exemple ?

Je pense que je suis consciente que je suis un exemple pour eux parce que les gens me le disent. Mais je m’entraîne sur cette même piste depuis mes 8 ans et j’ai grandi avec la plupart de ces personnes, donc je ne me sens pas si différente d’eux. Et inversement quand je les vois faire leurs séances, qu’ils aient 8, 13 ou 16 ans, je m’identifie à eux, car moi aussi j’étais là à leur âge, à faire les mêmes choses. Je pense que certaines personnes peuvent s’identifier à moi car j’étais aussi là, à leur âge, à faire mes séances d’entraînement, courir aux mêmes compétitions dans cette région, aux écoles anglaises. Les jeunes athlètes qui sont là… ils seront comme moi dans quelques années.

Le fait de te voir t’entraîner ici, cela doit être vraiment inspirant pour eux ?

Je ne sais pas. Je pense que la plupart du temps ils sont trop fatigués par leur propre séance pour rester à regarder la mienne !

Peux-tu nous décrire une de tes journées classiques d’entraînement ?

Chaque jour est différent. Mais je m’entraîne 6 fois par semaine. Le jour où je ne m’entraîne pas je dors ou je vois mes amis. Si j’ai une séance de PPG, je vais m’entraîner à la salle jusqu’à 10h00. Cela peut être du travail de coordination, de stabilité, etc. À cette période de l’année, on travaille la force ou la puissance. Ensuite je vais manger, puis je rentre à la maison pour me relaxer un peu. Je travaille un peu sur mon ordinateur. Puis je débute mon entraînement à 18h30 sur la piste. Je m’échauffe pendant environ une heure, je fais la séance, une petite récupération pendant 30 ou 40minutes, en incluant un massage. Puis je mange, je me relaxe, je dors et c’est reparti pour un tour le lendemain !

Tu as eu quelques grosses blessures. Comment les gères tu aujourd’hui ?

Comme beaucoup d’athlètes de haut niveau, j’ai eu des blessures. Dans d’autres sports comme le football tu peux continuer avec de petites gênes. Mais dans le sprint, tu as besoin d’être à 100%.

Et oui ce n’est pas drôle. Mais quand tu es blessée, je pense que la chose la plus importante est de toujours rester focalisée sur tes objectifs finaux. Qu’il s’agisse de reprendre le sport ou quelque chose que tu essaies de faire pour être en forme, que ce soit gagner des médailles, accomplir un rêve ou faire ton record personnel ; tu dois juste rester focalisé chaque jour. Moi je pourrais passer mes jours entiers à penser à ça ! Et si tu passes du temps hors de la piste, profites-en pour faire des choses que tu n’as pas le temps de faire lorsque tu cours. Ça peut être faire plus de muscu que d’habitude ou travailler la technique, pour faire en sorte de revenir sur la piste dans une meilleure forme que celle que tu avais quand tu l’as quittée. C’est toujours à cela que je pense lorsque j’ai une blessure.  

Est-ce que la crainte de se blesser peut jouer sur ton mental ?

Pour aborder une grosse compétition ou une simple course, il ne faut pas avoir de pensées négatives. Il ne faut pas penser au fait que tu pourrais mal courir ou à ce qui pourrait mal se passer. Il ne faut pas l’envisager. Donc il faut toujours penser positivement, et il faut toujours penser à ce que ton objectif et à tout ce que tu as fait à l’entrainement pour cela et au fait que ça va bien se passer.

Tu utilises la nouvelle React Infinity Run, peux-tu nous parler un peu de cette chaussure ?

Tout le monde veut arriver sur la ligne d’arrivée avec la sensation d’être en forme et rapide. Personne ne souhaite avoir des interruptions dans sa préparation. J’ai porté les Epic React, et les nouvelles React Infinity Run en sont une fantastique évolution. J’aime particulièrement le bon déroulé de pied et l’amorti amélioré, qui est très important quand on court régulièrement. Elles sont créées pour aider à réduire les blessures et te permettre de continuer à courir ce qui est important pour moi car je mets tout en œuvre pour être en forme et rapide pour Tokyo.

Pourquoi est-ce que tu t’entraines à Bromley ?

Je suis née à Bromley. J’ai vécu à Bromley, j’y suis allée à l’école. Mes amis d’enfance y sont. Je viens sur cette piste depuis que j’ai 8 ans. Je l’aime vraiment beaucoup. Et je ne dis pas ça juste comme ça. C’est comme une seconde maison pour moi. J’ai choisi d’étudier à Londres plutôt que d’aller à l’université, loin de la maison et de mon coach, pour avoir le meilleur environnement possible afin d’être performante. Je pense que ça m’a vraiment aidé à être l’athlète que je suis aujourd’hui et a contribué à mon succès. Simplement parce que quand je cours et que les gens me voient d’ici, si souriants et de bonne humeur, ça me vient droit au cœur. Ma vision des choses est vraiment qu’on court avec tout son être, c’est comme une expression de soi-même. Et mon coach et moi-même croyons qu’en étant heureux et en donnant le meilleur de soi-même, on peut devenir le ou la meilleur·e athlète. Si tu n’es pas à l’aise dans ton environnement et si tu n’es en phase avec la personne que tu es, comment seras-tu captable de performer à ton meilleur niveau devant un stadium rempli par 80 000 personnes venues du monde entier ? Tu ne seras pas capable d’y aller ou alors tu feras une contre-performance. Donc m’entrainer ici, être ici, m’entrainer au sein de ma communauté avec mes amis et être à la maison, à côté de mes parents c’est juste la meilleure façon de rester heureuse !

Qu’est-ce qui se passe dans ta tête lorsque le départ est donné ?

C’est une très bonne question. Je pense à tout et à rien à la fois. Une belle contradiction. Je pense à ce que mon coach m’a dit. Je pense juste à mettre en pratique l’entrainement.

Tu mets littéralement tout ton être et tout ce que tu as pu faire à l’entrainement en œuvre à ce moment. Tu as travaillé très dur donc tu pousses et tu essaies de mettre en place tous les points techniques que ton coach a abordé à l’entrainement. Tout ce que tu as à faire est de suivre ta tête mais dans un état d’esprit relaxé, presque zen.

C’est une phase où tu es ailleurs, comme dans ces dessins animés avec ces personnages qui courent avec un paysage qui devient complétement flou. Voilà à quoi cela ressemble. Ça n’a pas vraiment de sens, c’est super dur à décrire.

Mon coach dit toujours, si tu te souviens trop de ta course, alors tu ne l’as pas bien courue parce que tu dois vivre l’instant présent.

 Quand tu es sur la ligne départ, tu penses aux autres athlètes ou tu es focalisée sur toi ?

Je me focalise seulement sur moi. Quand je cours, je me focalise seulement sur moi-même car tu ne peux contrôler que ce tu fais. Si quelqu’un dans le couloir à côté de moi veut y aller et battre le record du monde et faire le meilleur chrono de tous les temps, je ne peux pas le contrôler. Il n’y a pas de raison de se focaliser sur ce que les autres font dans leur couloir, parce ça nuit à ma performance.

La raison pour laquelle j’aime l’athlétisme est la recherche de records personnels. Et la course c’est vraiment la recherche de records personnels. Si ton record personnel est énorme et que tu deviens une des meilleures athlètes du monde. C’est fantastique. A tous les niveaux, tu peux prendre le départ d’une course et essayer de battre ton record personnel et tu essaies d’être le meilleur athlète que tu puisses être.

C’est pourquoi je me focalise toujours sur moi, parce que je dois courir vite et faire des choses incroyables pour moi-même. Et si ça me place bien, alors c’est top ! Je deviens championne du monde et je passe une superbe journée. Mais si ça ne se passe pas comme ça, je n’obtiens absolument rien. Je retourne travailler dur et je réessaie encore.

Crédits photos : Nike

Aucun commentaire pour le moment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Découvrez aussi...

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites anonymes. En savoir plus Ok