Sur le segment des chaussures de route dynamiques, la frontière entre modèle élite et chaussure d’entraînement rapide continue de s’estomper. Avec la Spectur 3, Salomon poursuit son développement sur l’asphalte et propose une version retravaillée de sa chaussure performance pensée pour les coureurs réguliers. L’objectif est clair : offrir propulsion, stabilité et confort dans un ensemble plus tolérant qu’une plaque carbone classique, tout en conservant un niveau de dynamisme adapté aux records personnels.
Troisième génération de la gamme, la Spectur 3 s’inscrit sous la S/Lab Spectur dans la hiérarchie route de la marque. Elle se positionne comme une alternative plus accessible aux modèles carbone très rigides, avec un prix affiché à 170 €, soit un segment intermédiaire entre daily trainer et super shoe.

Une plateforme haute pensée pour maintenir la vitesse
Avec une hauteur de semelle de 38,5 mm au talon et 30,5 mm à l’avant-pied, la Spectur 3 adopte un stack élevé, désormais standard sur le segment performance. Le drop de 8 mm conserve un équilibre polyvalent, compatible avec différents profils de foulée.
Côté poids, le modèle affiche 265 g en pointure 42 2/3 pour les hommes et 225 g en 38 2/3 pour les femmes. Des valeurs contenues au regard de la hauteur de semelle, qui placent la chaussure dans la catégorie des modèles rapides mais utilisables au quotidien.
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Une mousse Energy Foam orientée dynamisme
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La Spectur 3 repose sur la mousse Energy Foam, un mélange EVA et OBC déjà utilisé par la marque. Cette formulation cherche un compromis entre absorption des chocs et restitution d’énergie. L’amorti reste présent, sans tomber dans un ressenti trop souple. L’ensemble vise à maintenir une sensation de réactivité sur des allures soutenues. La hauteur importante de semelle permet également d’envisager des distances longues, du 10 km jusqu’au marathon, sans sacrifier la protection musculaire.

Une plaque en fibre de verre pour une propulsion plus progressive
Le point central du modèle reste l’intégration d’une Energy Blade sur toute la longueur de la semelle. Contrairement aux plaques en carbone très rigides que l’on retrouve sur les super shoes, Salomon a fait le choix d’une fibre de verre. Cette construction modifie sensiblement le comportement de la chaussure.
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Un déroulé plus naturel
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La fibre de verre offre une rigidité mesurée. Elle favorise le retour d’énergie sans imposer une contrainte excessive sur la foulée. Là où certaines plaques carbone nécessitent une attaque médio ou avant-pied affirmée pour fonctionner pleinement, la Spectur 3 cherche à accompagner le mouvement naturel du coureur.
La transition talon-orteil reste fluide, avec une impulsion marquée à l’avant-pied. L’objectif n’est pas de maximiser l’effet ressort, mais de proposer une propulsion progressive et exploitable par un plus grand nombre de profils.
Ce choix technique réduit également la fatigue musculaire sur les longues distances, un point souvent évoqué avec les modèles carbone très agressifs.

Une stabilité travaillée pour sécuriser la hauteur
Avec un stack proche des standards compétition, la question de la stabilité devient centrale. Salomon a élargi la plateforme au niveau du talon afin d’augmenter la base d’appui. Cette construction vise à limiter les mouvements latéraux et à sécuriser les phases d’appui, notamment en fin de course lorsque la fatigue s’installe.
La géométrie de la semelle participe également à cet équilibre. La chaussure conserve une base relativement large, ce qui la rend plus tolérante que certaines concurrentes très étroites.
Dans les virages ou sur des revêtements irréguliers, cette plateforme plus stable peut rassurer les coureurs qui hésitent à passer sur des modèles carbone très hauts et plus instables.
Une construction pensée pour l’usage régulier
La tige en engineered mesh cherche à offrir un maintien structuré sans rigidifier l’ensemble. La respirabilité est au rendez-vous, avec une construction adaptée aux séances rapides comme aux compétitions. Sous la semelle, la Road Contagrip assure l’adhérence sur route sèche et humide.
Salomon capitalise ici sur son savoir-faire en matière d’outsole, historiquement développé en trail, pour proposer une accroche fiable sur l’asphalte. L’ensemble permet d’envisager la Spectur 3 comme une chaussure polyvalente : entraînements à allure spécifique, séances tempo, compétitions sur route et objectifs chronométriques.

Un positionnement clair sur le segment intermédiaire
Avec un prix fixé à 170 €, la Spectur 3 se place sous les super shoes carbone souvent affichées au-delà des 250 €. Elle vient se positionner face aux modèles dits “super trainers”, qui combinent plaque et usage élargi.
Ce segment connaît une forte croissance, porté par des coureurs qui souhaitent bénéficier d’un effet plaque sans adopter un modèle élite très exigeant. La Spectur 3 répond à cette demande avec une approche orientée équilibre.
Elle ne cherche pas à remplacer une chaussure carbone dédiée à la performance pure, mais à proposer une solution plus tolérante, capable d’accompagner les coureurs dans leur progression.
En poursuivant le développement de sa gamme route, Salomon confirme sa volonté d’exister au-delà du trail. Avec cette troisième version, la Spectur gagne en maturité et affine son positionnement : une chaussure haute, dynamique et stable, pensée pour rendre la performance plus accessible sans sacrifier le contrôle.
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