Salomon a publié son rapport d’impact 2025. Un document qui permet de mieux comprendre comment la marque d’Annecy veut faire évoluer ses produits, ses services de réparation et son empreinte carbone. Pour les coureurs et les traileurs, le sujet est concret : la durabilité passe désormais par la conception des chaussures, des textiles, des sacs et par la manière dont ces équipements sont réparés ou recyclés.

Salomon veut faire évoluer ses produits
Publié le 5 juin 2026, à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, ce quatrième rapport d’impact montre la trajectoire que Salomon veut suivre d’ici 2030. La marque souhaite intégrer davantage la durabilité dans ses décisions, de la conception des produits jusqu’à la chaîne d’approvisionnement.
Dans son communiqué, Salomon met en avant plusieurs chiffres. Jusqu’à 40 % de la gamme textile développée pour les saisons SS26 et FW26 est annoncée comme éco-conçue. La marque indique aussi que 100 % de ses catégories de produits stratégiques ont été évaluées via une analyse de cycle de vie. Côté fournisseurs, 86 % des rangs 1 sont notés A ou B selon ses standards sociaux.

Le textile avance plus vite que la chaussure
Le rapport montre une différence nette entre les familles de produits. En 2025, 9 % des produits clés de Salomon, hors hardgoods, atteignent les niveaux 1 ou 2 de son cadre interne d’éco-conception. Le textile progresse plus vite, avec 54 % pour l’apparel & accessories. La chaussure reste plus basse, à 6 %.
Ce décalage s’explique par la complexité d’une chaussure de running ou de trail. Une paire combine mousses, caoutchouc, textile, renforts, colles et plusieurs procédés d’assemblage. La rendre plus facile à réparer ou à recycler demande donc plus de temps.
Salomon cite plusieurs exemples. La S/LAB Bonatti Infinite Jacket, conçue dans les Alpes françaises, utilise des fibres Dyneema et affiche un poids de 230 g. La XT PU.RE, développée avec Carbios et Far Eastern New Century, explore l’usage de fibres PET recyclées issues de déchets complexes. Ce modèle doit surtout être lu comme un démonstrateur technique, plus que comme une chaussure destinée au grand public.

La réparation devient un vrai sujet terrain
La durée de vie des produits occupe une place importante dans le rapport. Salomon travaille sur la réparation, le recyclage, la seconde main et la location. En 2025, les magasins d’Annecy, Lyon et Toulouse ont réalisé 380 réparations sur vêtements et sacs. La marque annonce aussi 79 réparations sur chaussures, avec des ressemelages uniquement effectués à Annecy.
La réparation arrive aussi sur les événements. Avec Greenwolf, Salomon a proposé des stands sur plusieurs courses outdoor. En 2025, 136 réparations ont été réalisées à l’UTMB Mont-Blanc et 40 à l’Ultra Spirit. Pour les traileurs, c’est l’un des points les plus parlants : un sac ou une veste peuvent être réparés directement sur place, au contact des pratiquants.
Le recyclage des chaussures reste complexe
Sur la chaussure, Salomon reste dans une phase de test. La marque travaille avec CETIA sur le démontage et la séparation des matériaux. En 2026, un pilote avec TerraCycle doit être lancé dans six points de vente en France et au Royaume-Uni pour collecter des chaussures Salomon usées.
Ce chantier reste donc limité. Il montre surtout que le recyclage d’une chaussure de trail n’est pas encore un modèle simple à déployer à grande échelle.

Le carbone reste le principal point de tension
Le rapport ne se limite pas aux progrès. En 2025, Salomon annonce 366 ktCO2e d’émissions, soit une hausse de 16 % par rapport à 2024. Le scope 3 représente 98 % du total, avec 359 ktCO2e. Ce poste regroupe notamment les matières, la fabrication, le transport et la fin de vie des produits.
Le principal poids vient des biens et services achetés, avec 294 ktCO2e. Salomon explique cette hausse par la croissance de son activité et du nombre de produits fabriqués et vendus. La marque met aussi en avant une baisse de 34 % de son intensité carbone par rapport à 2022. En clair, elle émet moins par rapport à son chiffre d’affaires, mais ses émissions totales augmentent encore.
D’ici 2030, Salomon vise une baisse de 60 % de ses émissions scope 1 et 2, ainsi qu’une baisse de 25 % de son scope 3. C’est là que se situe le principal défi : transformer les produits sans que la croissance continue d’effacer une partie des progrès réalisés.
Le trail est aussi concerné. Salomon indique avoir évalué l’impact environnemental de six événements en 2025. Ultra Spirit et la Golden Trail World Series font partie des terrains d’application, avec des engagements autour de l’eau, des déchets, des transports, de l’alimentation et de la protection des milieux naturels.
Avec ce rapport, Salomon montre une marque en transition. Les avancées sont visibles sur le textile, la réparation et la mesure d’impact. La chaussure reste plus difficile à transformer. Les émissions carbone, elles, rappellent que le chemin vers 2030 reste encore long.
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