Chaussures

Nike ZoomX Vaporfly : enquête pour dopage technologique par l’IAAF

Publié le 22/10/2019

Ces derniers temps, Nike et sa nouvelle technologie raflent tous les records, de quoi inquiéter la concurrence mais également la fédération.

Depuis le 17 octobre, l’IAAF (Fédération Internationale d’Athlétisme) a ouvert une enquête à l’encontre de Nike et de leur dernière technologie sur la ZoomX VaporFly Next%, en parti dû aux plaintes des coureurs adverses qui trouvaient que ce modèle donnait un avantage trop important aux athlètes la possédant.

Hassan Chahdi (athlète adidas) a par exemple déclaré au journal l’Equipe :

« Je ne comprends pas trop l’IAAF, ils auraient dû agir avant. Là, c’est trop tard. La chaussure existe déjà, les gens vont l’acheter et vont courir avec. C’est le même débat qu’il y a eu en natation avec les combinaisons. On est entre les combinaisons et le dopage technologiques du cyclisme avec les moteurs. »

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Chose que certains athlètes Nike peuvent comprendre, étant eux-mêmes surpris par cette nouvelle technologie. Dans une interview accordée au journal l’Equipe également, Vincent Luis, notre champion du monde de triathlon tricolore avoue être sous le charme de ce modèle. A noter que lors de son sacre en Suisse, le 31 août dernier, le français portait la ZoomX Vaporfly Next%.

« Dans mon cas, j’ai cette sensation. Je sens lors de grosses séances que mes jambes ont beaucoup moins de fatigue qu’avec d’autres chaussures. […] Outre la plaque, c’est la matière de la semelle qui fait la grosse différence. Tu sens vraiment que la chaussure est très différente des autres modèles dont on avait l’habitude. […] En triathlon, tu as des athlètes qui lâchent leur contrat avec une marque juste pour juste pouvoir s’acheter les Nike. »

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La gamme VaporFly lancée en 2016 a pour particularité une plaque en fibre de carbone insérée dans la semelle intermédiaire en mousse. Cette plaque a pour but d’améliorer la propulsion. Sortie en avril dernier, la ZoomX Vaporfly Next% avait bénéficié de technologies supplémentaires et était annoncée par Nike comme « une chaussure de course qui bat des records ». Nike affichait donc avec confiance, son objectif de dominer le monde du running et de créer un modèle ultra-performant.

Aussitôt dit, aussitôt fait

Depuis la sortie de la technologie VaporFly en 2016, le record du monde de marathon a été battu cinq fois. A chaque fois, le nouveau recordman/la nouvelle recordwoman portait un modèle Vaporfly. Des athlètes tels que : Eliud Kipchoge (actuel recordman du marathon en 2h01’39 »), Brigid Kosgei (actuelle recordwoman du marathon en 2h14’04 »), Kenenisa Bekele (deuxième meilleur temps sur le marathon en 2h01’41 ») ou encore Goeffrey Kamworor (actuel recordman du semi-marathon en 58’01 ») portent le modèle ZoomX Vaporfly Next%. Une preuve que Nike a réussi son pari de briser tous les records.

Technologies sans limites

Pour aller encore plus loin, Nike et INEOS (le géant de la pétrochimie anglaise) ont décidé de créer le 1:59 challenge, principalement mené par l’équipe du fondateur et milliardaire Jim Ratcliffe. Effectué à Vienne le 12 octobre dernier, il avait pour objectif que l’athlète principal choisi, en l’occurrence Eliud Kipchoge, passe sous la barre des deux heures sur une distance marathonienne (42.195 kilomètres). Chose évidemment réussie par l’athlète Kényan de 34 ans, en 1 heure 59 minutes et 40 secondes, devenant ainsi le premier Homme au monde à passer sous cette barre mythique des 2 heures. Cependant, afin de réaliser ce record, Kipchoge ne possédait pas la ZoomX VaporFly Next%, contrairement à ses 41 lièvres qui eux, la portaient tous. En effet, un nouveau prototype a été dévoilé par Nike, exclusivement pour ce challenge. Sûrement un gros coup marketing, le modèle AlphaFly n’en reste pas mois performant et se veut encore plus technologique (total de 3 plaques en fibre de carbone, des coussins d’air à l’avant-pied…). Cependant, cette nouvelle version n’a pas été commercialisée par le géant américain.

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Crédit photo : www.believeintherun.com

Conclusion

L’IAAF a donc gros à jouer avec cette enquête. Cela pourrait être une affaire similaire aux combinaisons de natations en polyuréthane confectionnées par la marque LZR Racer, avec lesquelles 17 records du monde avaient été battus en 2008. Ces combinaisons avaient été interdites en compétition en 2010, par la fédération. Un groupe d’enquête a été mis en place afin d’évaluer si l’on peut considérer ce modèle comme un dopant technologique. Ce groupe chargé d’enquêter sur ce dossier explique également le rôle de la fédération :

« Le défi de l’IAAF est de trouver le bon équilibre dans le dans les règles techniques pour encourager le développement et l’utilisation de nouvelles technologies tout en préservant les caractéristiques fondamentales du sport. »

Un rapport devrait également être rendu avant la fin de l’année.

 

Crédit photo mise en avant : www.believeintherun.com

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