Direction les championnats d’Europe de cross pour Aurore Fleury

Publié le 06/12/2019

Pour la première fois, dimanche 8 décembre, Aurore Fleury vêtira le maillot de l'équipe de France à Lisbonne, à l'occasion des championnats d'Europe de cross. Elle s'est confiée à Runpack, quelques heures avant de s'envoler vers la capitale portugaise.

Vainqueur du cross de sélection du relais mixte à Gujan Mestras le 24 novembre dernier, Aurore Fleury s’est offert sa première sélection en équipe de France ! Elle s’élancera donc dimanche, aux côtés de Sandra Beuvière, Yani Khelaf et Alexis Miellet, sur l’épreuve du relais mixte (4 x 1500 m  de course). Ses belles performances sur la piste lors des dernières saisons ont souligné la réelle progression de cette battante qui n’a cessé de travailler pour atteindre ce niveau. Sur la route en direction de Paris pour prendre son avion pour Lisbonne, Aurore nous a accordé un peu de temps et s’est livrée à nous !

 

Runpack : Peux-tu te présenter en quelques mots à nos lecteurs de Runpack.fr (âge, lieu d’habitation, nom du club, etc.) ?

Aurore : Je viens d’avoir 26 ans, hier d’ailleurs (mercredi 4 novembre, ndlr). J’habite à Nancy et je suis au club du Nancy Athlétisme Métropole. Je suis Lorraine de naissance mais je suis allée en région parisienne pendant 6 ans pour mes études d’ostéopathie. Je suis donc passée par le club de Fontainebleau, qui est connu pour le demi-fond. Et ensuite je suis revenue par chez moi suite à pas mal de blessures. Je suis venue me reconstruire tranquillement à Nancy et ça se passe plutôt très bien !

 

Runpack : Tu as récemment gagné le cross de sélection pour intégrer le relais mixte aux championnats d’Europe de cross, comment s’est passée cette course ?

Aurore : Ça s’est très bien passé ! Exactement comme je pouvais en rêver ! Les meilleures étaient Élodie (Normand) et Johanna (Geyer-Carles). Élodie a pris la tête dès le début pendant la moitié de la course, sur un train relativement élevé mais pas assez pour que je lâche tout de suite. La stratégie pour moi c’était de suivre le plus longtemps possible. Et si à 500m de la ligne j’étais encore avec les meilleures, je voulais essayer de faire la différence car je suis plutôt une finisseuse qu’une coureuse de train. Je savais que si j’étais encore là à 500m de la ligne, j’avais mes chances. Mais il fallait quand même faire 2500 m avant à l’allure des filles qui sont très fortes. Johanna a attaqué dans le dernier kilo et j’ai ensuite réussi à passer devant. Comme c’était la fin de la course, j’ai pu réussir à relancer un peu tous les 100 m, comme sur la piste. Je me suis dit « Allez ! C’est de la piste ! Maintenant c’est 500 m très vite. » J’ai réussi à lâcher un peu les filles et à pouvoir savourer à la fin. Ce sont toujours des moments assez sympas à vivre !

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Runpack : Comment t’es-tu préparée pour cette compétition ?

Aurore : J’ai repris assez tôt après les championnats de France Élite fin juillet. Je me suis arrêtée seulement 12 jours. J’ai repris assez vite car avec mes soucis d’aponévrosite plantaire, plus je m’arrête, plus les reprises sont compliquées ! Et puis je n’avais finalement pas envie de m’arrêter longtemps (rires) ! Après des années de blessures, quand on va bien, on a envie d’en profiter ! J’ai ensuite fait beaucoup de bornes et beaucoup de préparation physique générale. Je suis super contente car j’ai réussi à faire de grosses semaines à 80 km, chose que je n’avais jamais réussi à faire avant. Je trouve que c’est énorme pour moi ! Et ça m’a fait beaucoup progresser ! J’essaie de faire 6 séances de course à pied par semaine et j’y ajoute 3 séances de vélo ou de natation. Et je m’entraîne avec un groupe assez dense, ça aide ! J’ai de la chance d’avoir un coach présent quotidiennement, voire bi-quotidiennement car c’est son métier. Je suis rarement seule. Quand je suis seule c’est plutôt que je le décide pour être un peu tranquille. Sinon j’ai un groupe assez fourni avec des coureuses de 800 m et de long. Il y a notamment Manon (Fage) ou encore Alice (Six), qui a quand même déjà fait 4’17 sur 1500 ! Ce sont des filles qui courent vite, qui sont motivées et qui sont là tous les jours. J’ai super groupe et ça c’est top !

 

Runpack : Nous avons vu que tu courrais avec des chaussures Altra à l’entraînement, et donc avec un drop zéro. Pourquoi avoir opté pour cette marque et ces modèles ? Quels sont les bienfaits que tu en retires ?

Aurore : J’ai eu beaucoup de mal à sortir de mes blessures. Je n’ai pas de soucis mécanique de pied à proprement dit, mais j’ai un pied et des tendons très souples. Toutes mes articulations dans le pied et la cheville ne sont pas assez rigides et j’ai donc besoin de stabilité. On sait qu’un drop élevé diminue fortement la stabilité ou demande beaucoup plus d’effort au pied. Donc avec un drop élevé ça créait pas mal d’inflammations, notamment à l’insertion de l’aponévrose plantaire au niveau de mon talon. En plus du drop 0, les chaussures Altra sont très larges à l’avant. Elles permettent donc à mon pied d’être encore plus stable : mes orteils sont élargis et bien à plat. Je suis passée d’un drop de chez Nike de 8 ou 12 mm à zéro, sans transition, car je savais que mes tendons allaient résister. Je n’ai eu aucune difficulté à passer au drop zéro alors que ce n’est pas du tout comme ça qu’il faut procéder en temps normal. Je suis ostéo et je savais que je prenais peu de risque en zappant la phase de transition mais je ne le conseille pas ! En quelques mois j’ai eu beaucoup moins de douleurs aux aponévroses. La chaussure Altra m’a beaucoup aidée en complément des soins. Pour le moment je n’ai pas du tout envie de changer !

 

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Runpack : En tant qu’ostéopathe, tu dois sûrement être amenée à conseiller tes patients sur leurs choix de chaussures. Quels conseils pourrais-tu donner à nos lecteurs qui sont en recherche d’une nouvelle paire de running ?

Aurore : La première règle c’est qu’on est tous différents ! Selon moi, il n’y a aucune chaussure qui est idéale. Je ne peux pas dire quelle chaussure est la meilleure de façon générale. C’est propre à chacun. La bonne chaussure est celle qui conviendra le mieux à la mobilité du pied, de la cheville, à la tension des tendons. Le plus gros paramètre à prendre en compte est le drop. Le drop c’est facile : c’est le pied à plat ou le tendon qui est sur-élevé. Je conseille très peu les drops élevés, sauf pour des gens qui ont eu des ruptures tendineuses au niveau des tendons d’Achille par exemple. Il faut surtout chercher la stabilité du pied quand on essaie une chaussure. C’est ça qui va faire qu’il sera plus fort et qu’il va fonctionner de la manière la plus efficace.

 

Runpack : La pratique au haut niveau coûte cher en termes d’équipement. Bénéficies-tu de soutiens matériels ou financiers de la part de partenaires ?

Aurore: Je n’ai pas encore de soutiens particuliers de partenaires. Mais je remercie énormément mon club qui me soutient beaucoup financièrement ! Je reçois de petites primes qui me permettent de financer mes stages. Il finance également tous mes déplacements en compétition. C’est vraiment le top. Le déplacement à Gujan Mestras, au cross de sélection, a par exemple été pris en charge par le club, pour mon coach et moi-même.

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Je ne vis pas ma vie actuellement, je vis un de mes rêves !

Runpack : Tu vas recevoir ta première dotation « Équipe de France ». Quel est ton ressenti ?

Aurore : Je saurai mieux répondre quand j’aurai la dotation entre mes mains, mais je suis quelqu’un de très sensible et très émotive. Quand je vais mettre les tenues pour la première fois, je pense que je vais pleurer ! Je suis très heureuse ! En plus je connais pas mal de personnes qui ont déjà été en Équipe de France et qui m’ont parlé des équipements. Ils m’ont dit que c’était des produits de qualité, avec lesquels on était à l’aise. Mais surtout c’est « l’équipe de France », c’est « bleu, blanc, rouge », c’est « le France »… Pour moi qui ne suis pas un prodige, c’est un rêve !  Je ne suis pas dans le haut du panier et il faut que je m’entraîne pour être bonne. Je n’ai jamais été très forte dans les catégories jeunes. Je ne vis pas ma vie actuellement, je vis un de mes rêves !

 

Runpack : Peux-tu nous dire ce que contiendra ta dotation « Équipe de France »?

Aurore : On a déjà eu une liste de ce qu’on va avoir mais on aura tout une fois sur place seulement. Puisque c’est une sélection en cross, on aura des produits un peu spécifiques comme une grosse doudoune, des gants, un bonnet, un survêtement d’hiver, une tenue entière imperméable. Voilà ce qui change des dotations « classiques » avec le maillot débardeur, short, sac à dos, etc. Je sais à quoi ressemblent les produits mais j’ai hâte de toucher la texture, de voir si c’est bien chaud et si c’est bien ajusté !

 

Runpack : Que contient ton sac lorsque tu pars en compétition, et surtout sur les cross ? As-tu un objet fétiche que tu emportes ?

Aurore : Ce que j’amène d’ordinaire en cross c’est un petit oreiller et des plaids ! Il fait toujours froid et il faut toujours se poser sur des endroits sales et peu pratiques. Donc j’ai toujours mes deux petits plaids : un avec des petites déco de Noël et un autre que j’avais gagné à un cross. Avec ça et mon petit oreiller, je suis toujours bien (rires) ! Hormis cela, il y a toujours des choses que je vérifie dans mon sac avant de partir en compétition : il me faut mes épingles et mes pointes de cross avec ma petite sacoche dans laquelle il y a tous mes clous et mes clés. Si j’ai ça, et ma tenue de compétition,  je suis bien ! J’ai tout ce qu’il faut ! Même si je n’ai pas le reste, c’est pas grave:  je ferai sans  et je m’en sortirai tout de même !

 

Runpack : Un conseil à donner à tous ceux qui sont en pleine saison de cross ?

Aurore : Le cross c’est dur mais il ne faut pas avoir peur du froid, de la boue et de la difficulté. Il faut se concentrer sur le fait que c’est très important pour la suite de la saison, sur la piste ou la route. C’est un réel apprentissage ! Selon moi, si on est bon en cross, on est bon partout ! Si on arrive à accepter la difficulté de cette discipline, on fait de vrais bons en avant. Il faut être des guerriers en cross et n’avoir peur de rien ! Chose que moi j’ai du mal à faire, mais je me force en me disant qu’ensuite ça me permettra d’aller beaucoup plus vite sur la piste !

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Runpack : Quels sont les objectifs sur le relais mixte avec l’équipe de France dimanche à Lisbonne ?

Aurore : On veut essayer de gagner car l’an dernier ils ont fait deuxièmes. J’ai envie d’avoir une médaille européenne ! De toutes façons, toutes les courses qu’on démarre, il faut se dire qu’on peut les gagner. Il n’y a que comme ça que ça peut arriver ! Je ne sais pas encore si je cours en première ou troisième position, mais je prendrai le départ de mon parcours en me disant qu’il faut que je sois le plus proche possible de la première place !

 


 

Toute l’équipe de Runpack souhaite bonne chance à Aurore et à l’ensemble de l’équipe de France pour ces championnats d’Europe de cross !

 

Pour regarder les courses en direct, ce dimanche 8 décembre, cliquez ici.

 

Crédits photos de l’image mise en avant : Ti Breton 

Crédits photos article : Christophe Dauphin / Éric Legrand Sport

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