Chaussures de running

Chaussures de running et plaques de carbone : une nouvelle ère

Publié le 06/02/2021 Mis à jour le 17/02/2021

Les athlètes en redemandent pour le plus grand plaisir des équipementiers, retour sur les plaques de carbone et leur impact sur le marché du running.

Retour sur l’histoire des plaques de carbone

Tout a commencé en 2017, lors de la première tentative de Nike et Eliud Kipchoge de passer sous la barre des deux
heures sur 42 km. Intitulé Breaking2, ce projet était l’occasion pour le géant américain de dévoiler un tout nouveau modèle doté d’une plaque de carbone : la Nike Zoom Vaporfly 4%. Bien que la tentative ait échoué, ce fut le début d’une nouvelle ère sur le marché du running. Réelle révolution, la plaque de carbone s’est vue être adoptée par la quasi-totalité des marques. On Running avec la Cloudboom, adidas avec la Adizero adios Pro, Asics avec la Metaracer, Saucony avec la Endorphin Pro, Brooks et la Hyperion Elite ou encore très récemment CRAFT et la CTM Ultra Carbon. En réalité, dès les années 1980/1990, certaines chaussures possédaient déjà des plaques en carbone. En 1989, Brooks avait sorti un modèle appelé Fusion. Fila, avait développé la technologie CarbonKevlar, et dans les années 2000, adidas avait sa propre plaque appelée ProPlate.

chaussures-plaques-de-carbone-running-runpack-1

Plus tard, On Running s’est approprié ce système de plaque pour favoriser la propulsion et la stabilité. Une plaque en TPU, dénommée Speedboard, était présente sur le premier modèle de la marque Suisse : la Cloudsurfer.
Aujourd’hui, la palme d’or revient à Nike. Le géant américain a réussi à rendre la plaque de carbone populaire et surtout efficace. Il a dévoilé un grand nombre de modèles, dotés de cette fameuse plaque. Pour preuve, on a pu voir beaucoup d’athlètes porter des Vaporfly Next% masquées lors de compétitions, alors qu’ils étaient sous contrat avec un autre équipementier.

Nike a depuis peu révolutionné ce sport, notamment grâce à la Alphafly Next%. C’est avec un prototype de cette dernière que Eliud Kipchoge passait sous la barre des deux heures sur un marathon, terminant la distance en 1h 59min et 40 secondes, le 12 octobre 2019 à Vienne. Bien que ce record n’ait pas été homologué par les World Athletics, la performance reste historique. On pourrait également parler du principal concurrent de Nike : adidas. La marque aux trois bandes frappe fort sur le marché des chaussures à plaque de carbone, avec la Adizero Adios Pro. Ce modèle se veut encore différent puisqu’en plus de posséder une plaque de carbone sous le talon, elle possède des “Energy Rods” qui sont en quelque sorte des tiges en carbone, présents tout le long des métatarses. C’est la première marque à proposer cette différenciation.

Études menées sur les plaques carbone

Ce que l’on sait, c’est que les plaques de carbone ont permis de battre un nombre de records mondiaux impressionnant. Parmi les 11 nouveaux records mondiaux 2020, 1 seul est détenu par un modèle sans plaque de carbone : Rhonex Kipruto sur 10km avec les adidas Adizero Takumi Sen 5. Il y a en a tellement eu, que les World Athletics se sont vus interdire certains modèles en compétition, considérés comme du dopage technologique. Selon les règles, l’épaisseur de la semelle ne doit pas dépasser les 40 mm, la chaussure doit être commercialisée depuis au moins 4 mois et doit posséder une seule plaque en carbone.

chaussures-plaques-de-carbone-running-runpack-3

Récemment, les World Athletics ont revu leurs critères et autorisent désormais les prototypes, tout en encadrant leur utilisation. Résultat : la plupart des coureurs portent des modèles à plaque de carbone lors d’une compétition. Prenons l’exemple des championnats du monde de semi marathon 2020 à Gdynia : seuls 8 des 117 finishers ne portaient pas de modèles à plaque de carbone. Beaucoup d’études ont été réalisées sur ces plaques de carbone et prouvent leur efficacité. En théorie, elles permettent au coureur de dépenser moins d’énergie et donc d’avoir moins de fatigue musculaire sur les derniers kilomètres. C’est d’ailleurs pour cela que la Vaporfly 4% est appelée ainsi. La chaussure permettrait 4% d’économie d’énergie lors de l’effort, et non 4% de vitesse supplémentaire comme on pourrait le penser.

Ce phénomène est évidemment rendu possible grâce à la plaque en carbone, qui permet d’agir comme un effet de levier, mais également et surtout grâce à la mousse présente dans le modèle. Elle permet de restituer l’énergie produite lors de la foulée, et donc d’améliorer la relance. Les mousses utilisées sur ces modèles à plaque carbone sont souvent très légères pour favoriser la performance (plusieurs de ces mousses sont en Pebax : ZoomX chez Nike ou PWRRUN chez Saucony par exemple). Le secret de ce gain d’énergie ne réside donc pas seulement dans la plaque mais bien dans le mix entre la plaque et la mousse.

Les plaques de carbone : pas que du positif

Le premier élément que l’on peut souligner et qui saute aux yeux dès le début : leurs prix. En effet, elles sont beaucoup plus chères que des chaussures classiques et le prix tourne en moyenne dans les 200€ voire 300€ pour l’Alphafly. Ajoutez à cela le fait que ces chaussures ne sont pas si robustes que ça. La durée de vie d’une chaussure est environ de 800 km en moyenne, même si ce nombre varie en fonction du terrain et de la distance parcourue. Les chaussures à plaque de carbone ont une durée de vie réduite avec environ 300 km en moyenne. C’est pour cela qu’il est conseillé de les utiliser seulement pour la compétition et de les mettre de côté lors des entraînements.

chaussures-plaques-de-carbone-running-runpack-2

L’autre point négatif, assez important à souligner, réside dans le fait que ces chaussures ne sont pas adaptées à tout
le monde. Elles conviennent pour les coureurs expérimentés possédant une attaque médio-pied. C’est d’ailleurs sur cette partie du pied que les technologies sont ciblées, afin d’améliorer le retour d’énergie et de limiter la fatigue musculaire. Un coureur amateur avec une attaque talon se sentira gêné par ces modèles très rigides, ce qui pourrait causer des problèmes par la suite.

Un marché qui s’étend

Si l’on sort du running, on constate maintenant que le marché des plaques carbone s’étend sur de nombreuses autres disciplines. La piste a vu l’arrivée de cette technologie grâce à Nike encore une fois avec la Dragonfly, notamment détentrice de cinq records du monde sur l’année 2020. Le trail tout récemment, avec The North Face qui a dévoilé un modèle appelé FLIGHT VECTIV. Ce n’est pas tout puisque la marque a annoncé qu’au total : 8 modèles dotés d’une plaque verront le jour en running/trail mais également en randonnée. La nouvelle ère dans laquelle entrait le marché du running s’étend désormais jusqu’au marché du sport en général, qui, je le pense, ne cessera de nous impressionner.

Aucun commentaire pour le moment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites anonymes. En savoir plus Ok