Chaussures de running

Peut-on vraiment courir avec des chaussures de seconde main ?

Publié le 21/04/2026

La seconde main progresse en running, mais reste rare sur les chaussures. Le cas Lucille Germain relance le débat : peut-on vraiment s’y fier ?

Sur le marché du running, la seconde main s’installe progressivement. Les vêtements et accessoires trouvent facilement une seconde vie, portés par des plateformes spécialisées ou des circuits de revente classiques. Du côté des chaussures, la situation reste différente. Entre usure, amorti et adaptation au pied, leur revente soulève davantage de questions. Dans ce contexte, une interrogation revient régulièrement : une paire déjà utilisée peut-elle encore être performante ?

Le cas récent de Lucille Germain apporte un élément de réponse concret, dans un environnement pourtant exigeant.

Lucille germain chaussures seconde main

photo : @toni_perello

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Une performance qui relance le débat

À Majorque, lors de la Cursa Tomir, l’athlète engagée avec NNormal doit faire face à un imprévu. À son arrivée, ses bagages ne suivent pas. À quelques jours de la course, elle se retrouve sans équipement, et surtout sans chaussures.

La solution retenue tranche avec les habitudes du haut niveau. Plutôt que de récupérer une paire neuve en urgence, elle opte pour un modèle de seconde main, trouvé via une plateforme de revente. Le choix se porte sur une NNormal Kjerag 01, déjà utilisée et affichant plusieurs centaines de kilomètres.

Le timing reste serré. La paire n’est testée que la veille de la course, sans véritable phase d’adaptation. Un pari risqué, compte tenu des exigences du trail.

Lucille germain chaussures seconde main

photo : @nickmdanielson

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Une victoire avec une paire déjà entamée

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Le jour de la Ronda Cuculla, les conditions renforcent l’incertitude. Neige sur les sommets, rafales de vent et températures négatives imposent un cadre exigeant. Le départ est même décalé pour des raisons de sécurité.

Malgré cela, Lucille Germain prend le départ avec cette paire déjà entamée. Moins de deux heures plus tard, elle s’impose sur le format 17 kilomètres pour 700 mètres de dénivelé positif. Son temps améliore de 15 minutes la référence de l’année précédente.

Le résultat interpelle, mais il doit être replacé dans son contexte. Cette performance relève avant tout d’une situation exceptionnelle. Elle ne traduit pas une utilisation prolongée ou maîtrisée de la seconde main en running, mais plutôt un ajustement ponctuel face à une contrainte logistique. Autrement dit, un cas isolé plus qu’un modèle reproductible.

Seconde main en running : une pratique à encadrer

Ce cas ne suffit donc pas à valider l’idée d’un recours généralisé à la seconde main pour les chaussures de running. Contrairement à d’autres équipements, une chaussure évolue avec son utilisateur. Elle s’adapte progressivement à sa foulée, à ses appuis et à sa morphologie.

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Des limites techniques bien réelles

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Plusieurs éléments entrent en jeu lorsqu’on parle de seconde main en running. Avec les kilomètres, l’amorti d’une chaussure peut progressivement se tasser, modifiant sa capacité à absorber les chocs. Dans le même temps, la semelle extérieure peut s’user de manière irrégulière, en fonction des appuis du premier utilisateur, tandis que la tige peut se déformer pour s’adapter à sa morphologie.

Ces évolutions influencent directement le comportement global de la chaussure. Une paire déjà bien entamée peut ainsi perdre en stabilité, en confort et en efficacité. Dans certains cas, elle peut aussi générer des sensations inhabituelles dès les premières foulées.

Lucille germain chaussures seconde main

photo : @toni_perello

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C’est dans ce contexte que la seconde main reste une option limitée. Elle peut garder un intérêt lorsque la paire a été très peu utilisée, sur des modèles récents ou dans une logique de test ponctuel. Mais dès que l’usure devient plus marquée, son intérêt diminue nettement. Contrairement au textile, une chaussure de running n’est pas conçue pour s’adapter à plusieurs pieds au fil de son cycle de vie.

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Un produit pensé pour durer

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Le modèle utilisé dans ce cas, la NNormal Kjerag 01, s’inscrit dans une approche centrée sur la durabilité. La marque NNormal évoque une durée de vie moyenne autour de 1350 kilomètres, issue de tests réalisés sur plusieurs centaines de coureurs.

Au-delà de la longévité, cette approche intègre aussi la réparabilité. Certaines paires peuvent être ressemelées ou entretenues via des réseaux spécialisés, ce qui permet de prolonger leur utilisation. Dans le cas présent, la paire portée lors de la course a été réparée après usage, illustrant cette logique de cycle de vie étendu.

Que faire de ses chaussures de running une fois usées ?

Si la revente reste limitée pour les modèles les plus utilisés, une autre question se pose rapidement : que deviennent les chaussures en fin de vie ?

Dans la majorité des cas, elles ne sont plus adaptées à une pratique sportive. Elles entrent alors dans un circuit de collecte, accessible via des points de dépôt, des magasins ou des opérations spécifiques.

Une fois récupérées, les paires sont triées. Certaines peuvent encore être réutilisées dans d’autres contextes, tandis que les autres sont orientées vers des filières de recyclage. Le processus reste complexe en raison de la diversité des matériaux utilisés, mais des solutions existent pour en valoriser une partie.

Lorsque la paire est encore portable, le réemploi reste la solution la plus pertinente. Lorsqu’elle ne l’est plus, le passage par une filière adaptée permet d’éviter une mise au rebut classique.

Lucille germain chaussures seconde main

photo : @toni_perello

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Au final, la seconde main en running ne s’impose pas comme une évidence. Le cas de Lucille Germain montre qu’une chaussure déjà utilisée peut rester performante dans un contexte précis. Mais dans la majorité des situations, cette pratique reste conditionnée à l’état du produit et ne s’inscrit pas dans une logique d’usage à long terme. Entre durabilité, usage et fin de vie, la réflexion dépasse désormais le simple achat pour s’élargir à l’ensemble du cycle de vie des équipements.

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